Un salarié qui parcourt 14 000 km par an avec une Clio 4 CV peut récupérer plusieurs milliers d’euros de déduction, à condition de choisir les frais réels plutôt que l’abattement forfaitaire de 10 %. Le simulateur de frais kilométriques mis à disposition par l’administration fiscale permet de trancher en quelques clics. Encore faut-il comprendre ce qu’il calcule, ce qu’il oublie, et dans quels cas il oriente mal la décision.
Barème kilométrique 2026 : pourquoi les montants n’ont pas bougé
Le barème kilométrique utilisé pour la déclaration 2026 (revenus 2025) est resté identique à celui de 2025, lui-même reconduit depuis la revalorisation d’environ 5,4 % intervenue en 2023. Concrètement, aucune hausse des coefficients n’a été décidée pour 2026.
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Pour un véhicule de 5 CV parcourant entre 5 001 et 20 000 km, on applique toujours la formule : (distance x coefficient) + montant forfaitaire. Le résultat donne le montant déductible au titre des frais kilométriques, qui couvre carburant, assurance, entretien courant et dépréciation du véhicule.
Ce que le barème ne couvre pas : péages, stationnement, intérêts d’emprunt auto. Ces dépenses s’ajoutent séparément si on opte pour la déduction des frais réels.
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Véhicule électrique et majoration de 20 % : conditions exactes
On voit souvent circuler l’idée que rouler en électrique donne droit à un bonus sur le barème. C’est vrai, mais la mécanique est précise. L’article 6 B de l’annexe IV du CGI prévoit une majoration de 20 % appliquée au montant final, pas aux coefficients du barème eux-mêmes.
Si le calcul classique donne 4 500 euros de frais kilométriques, un véhicule 100 % électrique permet de déduire 5 400 euros. Les hybrides et hybrides rechargeables ne sont pas concernés : ils restent au barème thermique standard, sans majoration.

Simulateur des frais réels sur impots.gouv.fr : ce qu’il fait et ce qu’il ne fait pas
Le simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr demande trois informations : la puissance fiscale du véhicule, le type de carburant (thermique ou électrique) et la distance annuelle parcourue. Il applique le barème et restitue un montant estimatif.
Ce que le simulateur calcule
- Le montant déductible selon le barème kilométrique, intégrant la majoration électrique le cas échéant
- Une comparaison implicite avec la déduction forfaitaire de 10 %, puisque l’administration applique automatiquement l’option la plus favorable
- Un résultat utilisable directement dans la case « frais réels » de la déclaration de revenus
Ce que le simulateur ne prend pas en compte
Le simulateur ignore les frais annexes déductibles en complément du barème : péages autoroutiers, frais de stationnement professionnel, intérêts du crédit auto. Ces dépenses doivent être calculées et ajoutées manuellement au montant issu du simulateur avant de reporter le total sur la déclaration.
Il ne vérifie pas non plus la cohérence entre la distance déclarée et le trajet domicile-travail réel. En cas de contrôle, c’est au contribuable de justifier chaque kilomètre avec des éléments concrets (contrat de travail, attestation employeur, relevés de péage).
Frais réels ou abattement de 10 % : comment trancher avant de déclarer
La règle est simple en apparence : si le total des frais réels dépasse 10 % du salaire net imposable, on a intérêt à opter pour les frais réels. En pratique, le calcul demande un peu de rigueur.
Prenons un salarié avec un trajet domicile-travail de 35 km aller simple, soit 70 km par jour travaillé. Sur environ 220 jours, cela donne plus de 15 000 km annuels. Avec un véhicule de 5 CV thermique, le barème produit un montant significatif qui dépasse souvent l’abattement forfaitaire pour les salaires inférieurs à la médiane.
- Lancer le simulateur sur impots.gouv.fr avec la puissance fiscale exacte figurant sur la carte grise
- Ajouter au résultat les frais de péage et de parking professionnel justifiés par des reçus
- Comparer ce total avec 10 % du revenu net imposable (visible sur le dernier avis d’imposition)
- Si les frais réels sont inférieurs, ne rien faire : l’administration applique automatiquement l’abattement le plus avantageux
Distance domicile-travail supérieure à 40 km
Au-delà de 40 km entre le domicile et le lieu de travail, la déduction est en principe limitée à 40 km (soit 80 km aller-retour). On peut déduire la distance réelle uniquement si on justifie de circonstances particulières : mutation professionnelle, emploi du conjoint, scolarisation des enfants. Les retours varient sur ce point selon les contrôleurs, mais la charge de la preuve reste sur le déclarant.

Justificatifs à conserver pour la déclaration aux impôts
Le simulateur donne un montant, mais il ne produit aucun justificatif. En cas de vérification, l’administration peut demander l’ensemble des pièces sur les trois dernières années. Garder un dossier organisé évite de reconstituer des preuves dans l’urgence.
Les documents à archiver : carte grise (puissance fiscale et type de motorisation), contrat de travail ou attestation de l’employeur mentionnant l’adresse du lieu de travail, un relevé détaillé des kilomètres parcourus mois par mois, et les factures de péage ou de stationnement professionnel. Pour les véhicules électriques, la carte grise suffit à prouver l’éligibilité à la majoration de 20 %.
Un tableur simple avec la date, le trajet et le kilométrage suffit comme relevé. Certains utilisent des applications de suivi GPS, mais un fichier tenu régulièrement a la même valeur probante.
Le barème stable et le simulateur officiel rendent le calcul accessible, à condition de ne pas s’arrêter au montant affiché. Ajouter les frais annexes, vérifier la règle des 40 km, archiver les justificatifs : ces trois réflexes font la différence entre une déduction solide et un redressement évitable.

