Vous venez de perdre votre emploi et vous vous demandez combien vous allez toucher chaque mois. La réponse dépend de votre ancien salaire, mais aussi de règles précises qui fixent un plancher et un plafond. En 2026, les barèmes de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) n’ont pas bougé par rapport à 2025. Ce guide détaille ce que cela signifie concrètement pour votre indemnisation.
Allocations chômage 2026 : pourquoi les montants sont gelés
Le 30 juin 2026, le conseil d’administration de l’Unédic devait statuer sur une éventuelle revalorisation des allocations chômage. Faute de majorité, aucune revalorisation n’a été décidée au 1er juillet 2026. Les montants journaliers restent ceux fixés au 1er juillet 2025.
En pratique, cela signifie que l’allocation journalière minimale reste à 32,13 euros et que le plafond se maintient à 300,21 euros par jour. Ces chiffres encadrent toutes les indemnisations, quel que soit votre profil.
Avec une inflation qui continue de progresser, même modérément, ce gel a un effet direct. Votre allocation reste stable en euros, mais votre pouvoir d’achat recule face à la hausse des prix du logement, de l’énergie et de l’alimentation. C’est un point que les fiches techniques de France Travail ne mettent pas en avant.

Montant de l’ARE : ce qui détermine votre allocation journalière
Le calcul part de votre salaire journalier de référence (SJR). Ce SJR correspond à la moyenne de vos rémunérations brutes perçues sur les 24 derniers mois (36 mois si vous avez 53 ans ou plus).
Vous avez traversé un arrêt maladie, un congé maternité ou une période d’activité partielle ? Ces périodes ne sont pas simplement ignorées. L’Unédic reconstitue un salaire fictif correspondant à ce que vous auriez perçu en temps normal. Votre allocation n’est donc pas pénalisée par ces interruptions.
La formule de calcul en deux options
France Travail applique deux formules et retient la plus avantageuse pour vous :
- 40,4 % de votre SJR, auquel s’ajoute une part fixe journalière
- 57 % de votre SJR, sans part fixe
Le résultat ne peut jamais dépasser 75 % de votre salaire journalier de référence. C’est le plafond absolu, quelle que soit la formule retenue.
Ce mécanisme de double calcul protège surtout les petits salaires. Avec un ancien salaire modeste, la première formule (avec part fixe) donne souvent un résultat plus favorable en proportion.
Durée d’indemnisation chômage : les nouvelles règles à connaître
Le montant de votre allocation ne suffit pas à estimer ce que vous percevrez au total. La durée pendant laquelle vous la toucherez compte tout autant.
Pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur la période de référence. En dessous de ce seuil, aucun droit, quel que soit votre salaire passé.
Durée maximale selon votre âge
Depuis les dernières réformes, la durée maximale d’indemnisation en France métropolitaine a été réduite :
- Moins de 55 ans : 15 mois maximum (contre 18 mois auparavant)
- 55 ans et plus : 20,5 mois maximum
- La durée effective correspond à 75 % de votre durée travaillée, dans la limite de ces plafonds
Ce coefficient de 75 % est souvent mal compris. Si vous avez travaillé 20 mois, votre durée d’indemnisation sera de 15 mois (20 x 0,75). On ne vous rend pas un mois pour un mois travaillé, contrairement à ce que beaucoup de demandeurs d’emploi supposent.

Rupture conventionnelle et chômage : ce qui change en septembre 2026
Vous quittez votre emploi par rupture conventionnelle ? Jusqu’ici, ce mode de départ ouvrait des droits au chômage dans les mêmes conditions qu’un licenciement. À compter du 1er septembre 2026, les règles évoluent.
Plusieurs sources juridiques confirment une réduction de la durée d’indemnisation pour les ruptures conventionnelles à partir de cette date. Les salariés de plus de 55 ans sont particulièrement concernés par ces ajustements, qui visent à réduire le recours à la rupture conventionnelle comme outil de départ anticipé avant la retraite.
Si vous envisagez une rupture conventionnelle, le calendrier de signature a donc une importance directe sur la durée de vos droits. Un départ acté avant septembre et un départ acté après ne donneront pas la même couverture.
Retenues sur l’allocation chômage : le montant net réellement perçu
Le montant brut calculé par France Travail n’est pas celui qui arrive sur votre compte. Des retenues sociales s’appliquent, et elles surprennent beaucoup de nouveaux demandeurs d’emploi.
La CSG et la CRDS sont prélevées sur l’allocation brute, sauf si ce prélèvement fait passer votre allocation nette en dessous du minimum journalier. Dans ce cas, vous êtes exonéré partiellement ou totalement.
L’écart entre brut et net tourne autour de quelques euros par jour, mais sur un mois complet, la différence peut représenter une somme non négligeable. Vérifiez toujours le montant net sur votre espace France Travail plutôt que de vous fier au seul montant brut annoncé.
Gel des allocations et inflation : l’impact concret sur votre budget
Le gel des montants en 2026 n’est pas un simple détail administratif. Pour un demandeur d’emploi qui percevait déjà l’ARE en 2025, rien ne change sur le bulletin. Pour celui qui ouvre des droits en 2026, les barèmes appliqués sont identiques à ceux de l’année précédente.
Le problème se situe du côté des dépenses. Les loyers, les tarifs d’énergie et les prix alimentaires continuent d’évoluer. Votre allocation reste fixe pendant que vos charges augmentent. Sur une indemnisation de 15 mois, cette érosion peut représenter l’équivalent de plusieurs semaines de courses alimentaires en fin de période.
Pour limiter cet effet, vérifiez votre éligibilité aux aides complémentaires (prime d’activité en cas de reprise partielle, aides au logement recalculées). Ces dispositifs ne compensent pas entièrement le gel, mais ils atténuent la perte de pouvoir d’achat réelle que subissent les demandeurs d’emploi cette année.

